Ecrit par : Sébastien Falter
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Un jeu discret qui s’offre une seconde vie sur consoles
Une nouvelle annonce vient de tomber autour de NubiaPhobia, un titre passé relativement sous les radars lors de sa sortie initiale sur PC. Disponible depuis le 10 octobre 2025, le jeu va désormais connaître une nouvelle exposition grâce à une arrivée prochaine sur consoles Xbox One, Xbox Series, PlayStation 4, PlayStation 5, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2, avec une édition assurée par Sometimes You.
Ce genre de transition n’est jamais anodin, surtout pour un projet indépendant aussi particulier. NubiaPhobia n’est pas un jeu conçu pour séduire immédiatement par son spectacle ou son ampleur. Il repose sur une approche plus intime, presque artisanale, qui prend le temps d’installer une atmosphère et de proposer une expérience différente.
Ce passage sur consoles permet donc de remettre en lumière un projet qui, jusqu’ici, restait cantonné à un public PC assez ciblé.
Une aventure entre humour et malaise
Derrière NubiaPhobia se cache une proposition assez atypique. Le jeu adopte une structure de point-and-click classique, mais avec une tonalité qui mélange volontairement des éléments opposés. L’expérience oscille constamment entre humour et horreur, sans jamais se fixer complètement dans l’un ou l’autre registre.
L’histoire tourne autour d’une malédiction qui touche un lieu précis, obligeant à explorer plusieurs zones pour en comprendre l’origine et tenter de la lever. Chaque région propose ses propres énigmes, ses propres situations et surtout une ambiance différente, comme si le jeu cherchait à varier les sensations plutôt que de suivre une ligne unique.
Ce mélange peut surprendre. Certaines séquences jouent sur des situations absurdes, avant de basculer vers quelque chose de plus étrange, voire dérangeant. Ce contraste fait partie intégrante de l’identité du jeu.
La signature Tonguç Bodur, entre contemplation et étrangeté
Pour comprendre NubiaPhobia, il faut aussi s’intéresser à son créateur, Tonguç Bodur. Le développeur s’est fait connaître avec une série de jeux très marqués par leur atmosphère, souvent centrés sur la narration et la découverte.
Des titres comme Cions of Vega, The Redress of Mira, Genie Reprise ou encore Purpose 1951 montrent une constante dans son travail. L’accent est toujours mis sur l’ambiance, le rythme lent, et une forme de narration qui passe autant par l’environnement que par les dialogues.
NubiaPhobia s’inscrit dans cette continuité, tout en adoptant une approche légèrement différente. Là où certains de ses précédents projets pouvaient être perçus comme contemplatifs, celui-ci introduit davantage d’interactions et de puzzles. Cela donne un jeu plus accessible dans sa structure, mais qui conserve cette sensation particulière propre à son créateur. Une impression de décalage, comme si tout n’était jamais totalement normal.
Un jeu conçu comme une expérience plus que comme un défi
Le cœur de NubiaPhobia ne repose pas sur la difficulté pure. Les énigmes sont présentes, bien sûr, mais elles servent surtout à accompagner la progression dans l’univers du jeu. L’objectif n’est pas de bloquer le joueur, mais de l’amener à explorer, observer et comprendre. Chaque interaction devient un moyen d’en apprendre un peu plus sur ce monde et sur ce qui s’y déroule.
Ce type de conception se ressent particulièrement dans le rythme. Le jeu prend son temps, laisse de l’espace aux environnements et aux situations, et ne cherche pas à accélérer artificiellement la progression. Cette approche peut dérouter celles et ceux qui attendent une expérience plus directe, mais elle correspond parfaitement à la philosophie du développeur.
Une sortie console qui change la donne
L’arrivée de NubiaPhobia sur consoles, via Sometimes You, marque une étape importante pour le jeu. Ce type de portage permet souvent d’élargir considérablement le public, en touchant des personnes qui ne suivent pas forcément l’actualité indépendante sur PC.
C’est aussi une reconnaissance indirecte du projet. Tous les jeux ne bénéficient pas d’une seconde sortie de ce type. Cela signifie qu’il existe un intérêt suffisant pour justifier une adaptation sur d’autres plateformes. Dans le cas de NubiaPhobia, cette nouvelle version pourrait permettre au jeu de trouver un public plus large, sensible à ce genre d’expérience narrative et atmosphérique.
Un projet à part dans le paysage indépendant
Dans un marché où de nombreux jeux cherchent à attirer l’attention rapidement, NubiaPhobia fait un choix différent. Il prend le temps d’installer une ambiance, joue avec les contrastes et propose une expérience qui ne ressemble pas forcément à ce que l’on voit habituellement. Son arrivée sur consoles pourrait donc être une bonne occasion de le redécouvrir sous un nouveau jour.
Ce genre de titre ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il vise plutôt un public curieux, prêt à accepter une expérience plus étrange, parfois déroutante, mais souvent marquante. Et avec ce passage sur de nouvelles plateformes, NubiaPhobia a désormais une chance de sortir de l’ombre pour trouver enfin la place qu’il mérite.
Source : Sometimes You