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On a tous déjà vécu ce moment où le temps semble s’arrêter. Un instant où le bruit du monde s’efface, remplacé par le son de la pluie qui tombe, le vent qui souffle ou la neige qui craque sous les pas. Poetic Trio, c’est ça : une invitation à ralentir, à regarder autour de vous et à écouter ce que la nature a à dire. Pas de combat, pas de course contre la montre, pas de quêtes interminables. Juste vous, un paysage et l’envie d’avancer.
Tonguç Bodur, le développeur, a choisi de faire les choses différemment. Pas de graphismes ultra-réalistes pour épater la galerie, pas de mécaniques de jeu compliquées pour vous occuper. Juste trois expériences courtes, chacune centrée sur un élément naturel : la pluie, la neige et le vent. Le résultat ? Un jeu qui ne ressemble à aucun autre, où l’émotion vient de l’immersion, pas de l’action.
Le voyage sans destination

Poetic Trio n’a pas d’histoire à proprement parler. Pas de personnages, pas de dialogues, pas de mission à accomplir. Vous êtes simplement là, au milieu d’un environnement qui vit et respire. Pluviophile vous place sous une pluie battante, où chaque goutte rebondit sur les feuilles et les flaques. Chionophile vous emmène dans un monde enneigé, où le silence est rompu seulement par le craquement de la neige sous vos pas. Loverowind, enfin, vous fait traverser des paysages ouverts, balayés par un vent qui vous guide.
Les interactions sont volontairement limitées. Dans la plupart des cas, il s’agit de trouver une sortie marquée par des fleurs, ce qui active un mécanisme pour avancer. Dans Loverowind, vous devrez aussi actionner un levier pour faire tourner un escalier ou attraper une sphère. Rien de plus. Pas d’énigmes complexes, pas de combats, pas de collectibles à chercher. Juste l’essentiel : marcher, observer, écouter.
Quand l’écran devient une toile et vos oreilles des pinceaux

Les graphismes de Poetic Trio ne cherchent pas à rivaliser avec les blockbusters du moment. Ils sont simples, mais efficaces. Les reflets de la pluie sur les surfaces mouillées dans Pluviophile sont rendus avec soin, tout comme les contrastes entre la neige blanche et les touches de couleur des arbres dans Chionophile. Loverowind, lui, mise sur des paysages plus aérés, où les herbes bougent au gré du vent et où le ciel semble infini.
Côté son, c’est là que le jeu brille vraiment. Le bruit de la pluie qui tombe, le craquement de la neige, le sifflement du vent : chaque détail a été travaillé pour vous plonger dans l’ambiance. Les musiques, discrètes, ne cherchent pas à vous submerger. Elles sont là pour accompagner vos pas, comme une présence rassurante. La jouabilité, elle, est ultra-simple. Vous avancez, vous tournez la tête, vous interagissez avec quelques éléments. Pas besoin d’apprendre des dizaines de commandes : tout est conçu pour que vous vous sentiez libre de profiter du paysage.
Les ombres au tableau

Poetic Trio n’est pas fait pour tout le monde, et c’est normal. Si vous aimez les jeux rapides, remplis d’action ou de défis, celui-ci va vous sembler bien trop lent. Il n’y a pas de pression, pas d’objectifs, pas de récompenses à débloquer. Vous avancez à votre rythme, et c’est tout. Pour certains, ce sera une bouffée d’air frais. Pour d’autres, une expérience ennuyeuse.
La durée de vie est aussi un point faible. Chaque partie se termine en moins d’une heure, et la trilogie complète se boucle en trois heures grand maximum. Pas de contenu supplémentaire, pas de modes alternatifs, pas de secrets cachés. Une fois que c’est fini, c’est fini. Certains pourraient aussi trouver que les mécaniques manquent de variété. Trouver une sortie, actionner un levier, attraper une sphère… Les interactions sont répétitives, et même si les décors changent, l’expérience reste très similaire d’un titre à l’autre.
Autre détail à noter : le jeu n’est disponible qu’en anglais. Le vocabulaire reste basique, presque scolaire, mais les non-anglophones risquent de passer à côté de certains détails, comme les rares textes ou indications présentes dans l’environnement.
Enfin, les graphismes, bien que jolis, ne sont pas non plus exceptionnels. Les modèles 3D des arbres ou des bâtiments manquent parfois de détails, et certaines textures semblent un peu datées. Ce n’est pas moche, mais ce n’est pas non plus ce qui va vous faire rester scotché à l’écran.
Alors, Poetic Trio vaut-il le détour ?

Poetic Trio est un jeu qui divise, et c’est ce qui en fait son charme. Si vous cherchez une expérience calme, immersive et apaisante, où le simple fait de marcher dans un beau paysage suffit à vous captiver, alors ce jeu est fait pour vous. En revanche, si vous attendez de l’action, des défis ou une histoire captivante, passez votre chemin.
Poetic Trio n’est sans doute pas le meilleur jeu de Tonguç Bodur, qui reste selon moi GENIE Reprise, mais il relève un peu le niveau comparé à Purpose 1951. Une chose est sûre : vous n’aurez jamais joué à un jeu comme celui-là. Et parfois, c’est déjà une bonne raison de lui donner sa chance.
Merci à Sometimes You de nous avoir fourni le jeu.