Test de Love: Fall in Death

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Bande-annonce de Love: Fall in Death

Un dragueur, un dé, et un cercueil

Love: Fall in Death
Love: Fall in Death

Il y a des soirées qui commencent par « va lui parler, on te regarde » et qui finissent mal. Love: Fall in Death est exactement ça : le récit d’une nuit qui devait être un simple flirt de bar et qui déraille en série B assumée, entre romance, frissons et absurdité complète. Développé par le studio turc SNR Interactive, ce film interactif en images réelles tourné à Istanbul assume d’emblée ce qu’il est : un FMV où l’on passe plus de temps à choisir qu’à jouer, et où le moindre mauvais choix peut coûter la vie au héros.

« Sors avec elle, qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? »

Love: Fall in Death
Love: Fall in Death

Kutay, notre héros, est ce type de gars qui a une jolie tête mais le courage d’un poulet. Ses deux amis, bien aidés par quelques verres, le désignent volontaire du soir : c’est lui qui ira aborder Ayşil, la nouvelle venue du bar, aussi belle que mystérieuse. Jusque-là, classique. Sauf que la belle n’est pas exactement ce qu’elle semble, que la ville cache des rumeurs de vampires, et que certaines créatures de la nuit ne prennent pas la drague à la légère.

Le pitch est simple, et c’est ce qui le rend efficace. En quelques minutes, on comprend l’enjeu : survivre à cette nuit, idéalement avec un numéro de téléphone. Le jeu alterne alors entre comédie romantique, moments de tension et séquences carrément loufoques, et il faut lui reconnaître un vrai talent pour l’imprévisibilité. On ne sait jamais si le prochain choix va déclencher une déclaration d’amour, une bagarre ou un décès prématuré. Cerise sur le gâteau : les personnages parlent régulièrement au joueur directement. Kutay vous regarde, vous supplie de faire le bon choix, puis vous regarde mal quand vous choisissez le mauvais. C’est culotté, parfois fatigant, mais surtout drôle, et l’humour, justement, tombe bien plus souvent qu’il ne dérape.

Des dés, des jauges et un arbre à élaguer

Love: Fall in Death
Love: Fall in Death

Point étonnant pour un FMV : Love: Fall in Death ne se contente pas de vous tendre des dialogues à choix. Avant même de commencer, vous répartissez des points de caractéristiques de Kutay, force, charme, intelligence, qui serviront lors des jets de dés. Car oui, il y a des jets de dés. Au moment critique, le jeu vous demande de tenter votre chance, succès ou échec modifiant la suite des événements. C’est un vrai parti pris : même en tant que « joueur-destin », vous ne contrôlez pas tout, et une soirée peut partir en vrille sur un mauvais lancer.

S’ajoutent à cela les classiques du genre : des QTE dans les scènes d’action, des choix minutés où la barre descend plus vite que le courage de Kutay, et surtout une jauge d’amour qui grimpe ou s’effondre selon vos répliques. Plus de 150 décisions parsèment l’aventure, menant à une dizaine de fins « sérieuses », dramatiques, touchantes, parfois volontairement ridicules, plus une collection de morts grotesques qui ont chacune droit à leur petit sketch dans le fameux « White Room ».

Et c’est probablement la meilleure idée du jeu : la mort n’existe pas. Quand Kutay meurt, et il mourra, croyez-moi, il se réveille dans une pièce blanche où une instance céleste se moque de lui avant de le renvoyer dans la partie. Pas de game over, pas de frustration : juste une blague et un retour en piste. On enchaîne les fins sans jamais avoir l’impression de recommencer, et la carte narrative interactive, qui affiche tous les embranchements empruntés, transforme chaque run en chasse aux chemins non explorés. Comptez une bonne dizaine d’heures pour voir l’essentiel, le temps d’un feuilleton absorbé en mode série télé du dimanche soir.

Ce qui fait mouche

Love: Fall in Death
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Le vrai point fort du jeu, c’est son ton. Love: Fall in Death ne se prend jamais au sérieux, et c’est précisément là qu’il est le meilleur. L’écriture est drôle, les acteurs s’engagent à fond, Kutay en tête, dont la lâcheté assumée et le charme maladroit font mouche, et le jeu n’hésite jamais à rire de lui-même. Les débuts de répliques ratés, les plans foireux, les réactions outrées : tout sert la comédie.

Deuxième réussite : les choix comptent vraiment. Ce n’est pas un de ces FMV où l’on vous fait croire que « appuyer sur A ou B » change la couleur de la chemise du héros. Ici, une décision anodine peut vous rattraper une demi-heure plus tard, et les deux grandes routes de l’histoire divergent franchement, jusqu’à proposer des scènes et des enjeux différents. Ça donne un vrai pouvoir aux rejouables, et une raison légitime de recommencer.

Enfin, le contenu bonus mérite un mot : chaque fin ou chaque mort débloque des petites notes sur les personnages, les artefacts et le monde, souvent des blagues, parfois des bribes de lore réellement intéressantes. C’est léger, mais ça récompense le completisme sans jamais avoir l’air d’un pensum.

Là où le bât blesse

Love: Fall in Death
Love: Fall in Death

Ce n’est pas parfait, loin de là. D’abord, soyons honnêtes : en tant que jeu, c’est léger. On regarde beaucoup, on clique un peu, on lance des dés. C’est le principe du FMV, mais ceux qui cherchent de la mécanique passeront leur tour. Le rythme des premiers quart d’heure, très guidés, peut aussi refroidir avant que la machine à embranchements se mette vraiment en route.

Ensuite, le scénario a tendance à survoler ses propres mystères. Le jeu suggère des tensions entre personnages, des passés partagés, des histoires de rancune, mais ne s’attarde jamais assez pour leur donner du poids, surtout vers les fins des deux grandes routes. On sent des pistes narratives qui auraient mérité une scène de plus, un développement de plus, et on reste sur notre faim concernant le sort de certains personnages. C’est d’autant plus dommage que les fins « sérieuses » cherchent parfois une émotion que l’écriture n’a pas tout à fait préparée.

Enfin, l’humour méta et le quatrième mur constamment cassé, c’est un peu le sel du jeu, mais aussi son risque : ceux qui détestent qu’on leur parle directement, ou qui préfèrent leur immersion bien au chaud derrière l’écran, pourraient tiquer. Et la qualité des dialogues, forcément inégale sur 150 choix, oscille entre réplique culte et vanne un peu facile.

Faut-il dire oui à cette soirée ?

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Love: Fall in Death est un de ces jeux qu’on n’attend pas et qui vous surprend. Il est bancal, inégal, parfois frustrant dans ses ellipses narratives, mais il est drôle, sincèrement drôle, et ses choix ont une conséquence réelle sur une histoire qui ose mixer romance, horreur et absurdité sans jamais se regarder naviguer. Les amateurs de FMV, de récites à embranchements et de nanars du samedi soir y trouveront un compagnon de nuit idéal. Les autres passeront à côté sans dommage collatéral, sauf peut-être le vampire…

Merci à SNR Interactive de nous avoir fourni le jeu.

Le testeur aime:

  • Un ton complètement décomplexé, qui ose tout et s'assume
  • Des morts transformées en blagues dans la White Room. L'échec n'a jamais été aussi fun
  • Des choix qui pèsent vraiment, avec des conséquences parfois différées
  • Une rejouabilité bien remplie grâce aux embranchements et à la carte narrative
  • Des acteurs investis, porté par un Kutay aussi lâche que attachant

Le testeur n'aime pas:

  • Un gameplay quasi inexistant hors des choix et des jets de dés
  • Des mystères survolés, le scénario manque de souffle sur ses grandes routes
  • Un début trop guidé avant que la machine à embranchements se lance
  • L'humour méta et le quatrième mur cassé en permanence peuvent lasser
  • Des fins « sérieuses » qui cherchent une émotion que l'écriture n'a pas préparée
7

Bien

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