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Au début, vous lancez Hanoi Puzzles: Flip Match avec l’idée de regarder vite fait ce que ça vaut. Une minute après, vous êtes déjà en train de revenir sur un mouvement que vous venez à peine de faire. Vous pensiez avancer tranquillement, puis une tuile change de couleur au mauvais moment, et tout le plan s’écroule. Vous recommencez, vous déplacez autre chose, vous essayez une nouvelle approche. Ce jeu n’attend même pas que vous soyez installé pour vous attraper. Il le fait dès que vous faites votre premier déplacement.
La prise en main donne cette sensation étrange d’être à la fois simple et un peu sournoise. Vous voyez les hexagones, vous pensez comprendre, puis vous découvrez que ce n’est pas la bonne tuile qui s’est retournée. Vous vous retrouvez à analyser chaque choix comme si vous prépariez un petit casse-tête personnel. Tout avance vite, sans bruit, mais avec un petit goût de “une dernière tentative” qui commence déjà à prendre trop de place.
Ce qui surprend le plus, c’est la manière dont le jeu arrive à vous piquer l’esprit sans annoncer quoi que ce soit. Une simple grille, quelques tuiles qui se retournent, et vous voilà en train de réfléchir à l’ordre exact de vos déplacements. Cette montée ne repose pas sur des artifices. Elle vient de ce que vous faites vous-même, de vos essais qui ratent parfois pour une raison minuscule. Et sans vous en rendre compte, vous commencez à traiter chaque niveau comme un petit défi personnel que vous voulez absolument démêler.
Quand chaque déplacement invente un nouveau problème

Hanoi Puzzles: Flip Match vous place devant plusieurs ensembles de tuiles hexagonales empilées, avec des tailles différentes qui déterminent où vous pouvez les poser. La règle paraît limpide au départ : déplacer les pièces d’un endroit à un autre pour obtenir la bonne configuration. Puis, au moment où vous pensez avancer tranquillement, le jeu active son élément le plus déroutant. Chaque déplacement retourne la tuile que vous venez de manipuler. La face change, la couleur aussi, et cette petite modification finit par bouleverser tout le rythme des niveaux.
Vous commencez par vous dire que ce retournement n’est qu’un détail. Après tout, une couleur n’est qu’une couleur, ce n’est pas censé changer la logique d’un puzzle basé sur l’ordre des tailles. En avançant dans les premiers niveaux, vous découvrez que cette pensée tient à peine deux minutes. Une simple couleur mal placée peut bloquer deux ensembles entiers. Une tuile qui se retourne au mauvais moment perturbe une séquence entière que vous pensiez maîtriser. Vous vouliez juste déplacer une pièce pour faire de la place, et vous réalisez soudain que ce mouvement a entraîné une couleur qui ne s’accorde plus avec celle que vous deviez poser juste après.
Le jeu vous pousse alors à réfléchir différemment. Vous n’êtes plus dans une logique linéaire où vous décidez d’un point de départ et d’un point d’arrivée. Vous devez anticiper ce qui va se produire après chaque rotation. Une tuile qui change de couleur n’est jamais anodine. Elle peut perturber l’ordre des tailles, bloquer un espace que vous utilisiez pour vos transitions ou rendre impossible un regroupement que vous aviez soigneusement préparé. Vous observez les piles, vous comptez mentalement vos déplacements, vous essayez une structure de pensée, puis vous repartez dans l’autre sens parce qu’une seule pièce a retourné toute votre organisation.
La progression du jeu repose beaucoup sur cette relation entre simplicité apparente et conséquences amplifiées. Vous avez devant vous peu d’éléments, mais chacun possède un comportement qui rend la moindre erreur beaucoup plus lourde qu’elle n’en a l’air. Le jeu place régulièrement des niveaux où l’espace disponible est étroit. Vous n’avez parfois que très peu d’emplacements libres pour transiter d’un ensemble à un autre. Cette contrainte multiplie les risques. Vous déplacez une tuile pour libérer un espace, elle se retourne, la couleur change, puis vous réalisez que vous venez de bloquer le seul endroit où vous pouviez poser la suivante.
L’autre particularité du gameplay se trouve dans les zones verrouillées. Certaines cellules hexagonales restent inutilisables tant que vous n’avez pas réuni un ensemble complet d’une même couleur. Ce principe vous force à surveiller vos enchaînements. Vous avancez, vous créez une pile homogène, vous pensez que tout est prêt, puis une erreur minuscule en renverse toute la logique. Les zones verrouillées n’ajoutent pas seulement un objectif supplémentaire. Elles modifient la manière dont vous structurez vos séquences de mouvements. Vous ne cherchez plus seulement à organiser par taille. Vous essayez de maintenir une couleur constante malgré les retournements incessants.
À mesure que vous progressez dans les différents chapitres, vous sentez cette mécanique se refermer doucement autour de vous. Le jeu ne cherche pas à vous assommer avec des dizaines de systèmes. Il prend un élément simple, puis le pousse jusqu’à ce qu’il devienne presque imprévisible pour quelqu’un qui avance trop vite. Vous devez vous arrêter souvent, repenser un déplacement, annuler un geste, recommencer une série entière. Cette méthode peu bavarde donne à chaque niveau une personnalité différente. Certains vous demandent d’organiser des piles imposantes. D’autres reposent sur des espaces serrés où la moindre erreur vous oblige à revenir plusieurs étapes en arrière.
Vous finissez par comprendre que ce n’est pas seulement un jeu de déplacement. C’est un jeu d’ajustements permanents. Vous déplacez une tuile, vous regardez la couleur, vous préparez la suivante. Le rythme devient presque mécanique, mais pas au sens répétitif. Il prend la forme d’une routine que vous modifiez progressivement, une routine qui se fait plus fine à mesure que le jeu vous apprend ce qu’elle exige réellement. Plus vous avancez, plus vous remarquez des détails que vous n’auriez jamais vus lors de vos premières minutes. Un mouvement qui semblait anodin dans un niveau d’introduction devient un piège dans un niveau plus avancé, uniquement parce qu’une couleur retournée au mauvais moment suffit à tout déranger.
Cette façon de jouer donne une sensation particulière : vous avez l’impression de maîtriser quelque chose de simple, mais le jeu vous rappelle régulièrement que vous oubliez un élément essentiel. Ce rappel n’est jamais brutal. Il vient d’un détail que vous avez négligé. Une couleur que vous n’avez pas surveillée. Une pile que vous avez déplacée trop tôt. Une transition que vous auriez dû éviter. Le jeu ne vous donne pas le sentiment d’être puni. Il vous montre plutôt que vous avez sous-estimé une mécanique qui semble ultra simple, mais qui régit tout ce qui se passe sur la grille.
Et au moment où vous pensez avoir tout compris, un niveau ajoute une petite variation. Un espace plus réduit. Une couleur qui revient dans une séquence où elle n’aurait pas dû apparaître. Un ensemble à organiser autrement, avec une taille de pile qui semble trop encombrante. Vous partez alors dans une nouvelle série d’essais. Vous testez une configuration, vous la détruisez, vous recommencez. Le jeu vous pousse à devenir méticuleux, à observer chaque détail comme si votre progression dépendait d’un simple retournement. Et dans un sens, c’est exactement ce qui se produit.
La densité du gameplay tient aussi au fait que chaque niveau possède cette manière de vous forcer à réévaluer vos certitudes. Vous pensez avoir trouvé une méthode efficace, puis deux niveaux plus loin, vous découvrez que cette méthode ne fonctionne plus du tout. Le jeu ne change pourtant pas ses règles. Il change simplement la disposition. Cette disposition suffit à transformer votre approche. La même mécanique se présente autrement, et elle vous demande de revoir votre façon de réfléchir, comme si tout ce que vous aviez appris jusque-là devait maintenant s’adapter à une nouvelle contrainte. Ce n’est pas frustrant. C’est plutôt une sorte de remise à zéro régulière qui vous oblige à rester attentif.
Vous sentez d’ailleurs que le jeu adopte un rythme progressif mais ferme. Il ne vous laisse jamais vous reposer trop longtemps sur une solution automatique. Dès qu’une stratégie devient trop confortable, il la casse doucement, presque subtilement, avec une disposition qui demande plus de précision. Vous ne subissez jamais un mur brutal. Vous traversez des paliers où le jeu teste votre manière d’anticiper les retournements. Ces paliers forment une sorte d’échelle invisible que vous montez sans vous en rendre compte. Une fois arrivé plus haut, vous regardez vos premières minutes et vous réalisez à quel point vous ignoriez des éléments essentiels.
Les retournements continus créent aussi un phénomène intéressant : vous apprenez à calculer vos erreurs avant même de les faire. Vous observez une pile, vous voyez la couleur qu’elle va prendre après deux déplacements, puis vous construisez mentalement une chaîne d’étapes qui va soit résoudre le problème, soit le décaler ailleurs. Cette gymnastique finit par devenir une seconde nature. Vous avancez, vous corrigez, vous reculez un peu, puis vous exécutez une séquence qui, dans votre tête, semble tenir la route. Parfois, elle fonctionne. Parfois, elle échoue pour un détail que vous n’aviez pas anticipé. Le jeu vous force alors à revoir votre construction intérieure pour éviter que la même erreur se répète.
Cette boucle d’essais n’a rien d’artificiel. Elle ne repose pas sur des pièges forcés ou des surprises inutiles. Elle vient uniquement de la mécanique de retournement, cette mécanique qui paraît minuscule mais qui change tout. Le jeu ne vous en demande pas trop, il vous demande juste de faire attention. Cette attention donne aux niveaux une durée variable, parfois très courte, parfois étonnamment longue. Vous pouvez rester bloqué sur une tuile qui se retourne mal alors que tout autour fonctionne parfaitement. Vous cherchez une manière de contourner le problème, vous déplacez d’autres pièces, vous revenez à la tuile fautive, et vous tentez un nouvel ordre. Cette répétition fait partie du jeu. Elle donne un rythme à la progression et vous laisse le temps de comprendre ce qui vous échappait.
Plus vous avancez, plus vous remarquez que les couleurs prennent une importance presque inquiétante. Elles deviennent les véritables piliers de vos décisions. Vous suivez leur alternance comme si vous suiviez une ligne directrice. Chaque tuile possède son propre cycle. Ce cycle évolue au fil de vos déplacements et finit par ressembler à un petit engrenage logique que vous devez synchroniser avec les autres. Si l’un de ces engrenages dérape, vous devez ajuster tout le reste. Cette organisation demande de l’attention constante. Vous ne pouvez pas vous permettre un déplacement impulsif. Vous êtes obligé d’observer chaque changement comme un signal qui influence votre prochain mouvement.
Ce contrôle permanent entraîne une sorte de satisfaction. Une fois que vous parvenez à résoudre un niveau difficile, vous ressentez cette sensation très particulière d’avoir mis en ordre quelque chose de minuscule mais complexe. Le jeu ne vous félicite pas avec des effets de lumière ou des messages grandiloquents. Il reste sobre. Il vous laisse simplement savourer l’impression d’avoir compris un système qui refuse de s’expliquer clairement. Vous avancez ainsi d’un niveau à l’autre, en cherchant à maîtriser ce qui vous échappait quelques minutes plus tôt. C’est cette dynamique qui rend la progression accrocheuse. Elle repose sur votre propre capacité à vous adapter à quelque chose qui semble simple, mais qui se révèle constamment plus exigeant.
L’ensemble de ce premier contact avec le gameplay laisse une impression durable. Vous ne jouez pas seulement avec des tuiles hexagonales. Vous jouez avec une logique qui change au moindre déplacement. Vous apprenez à apprivoiser des détails que vous n’auriez pas remarqués dans un puzzle plus classique. Vous prenez conscience que chaque mouvement possède un poids qui dépasse largement ce que vous aviez prévu. Et cette prise de conscience donne à Hanoi Puzzles: Flip Match une personnalité immédiatement reconnaissable, fondée sur des choix précis qui transforment une mécanique vieille de plusieurs décennies en un système plus nerveux, plus exigeant, mais toujours lisible.
Couleurs qui vibrent, sons qui murmurent et gestes qui s’enchaînent

L’identité visuelle de Hanoi Puzzles: Flip Match repose sur une esthétique propre, qui ne cherche pas à en mettre plein les yeux mais qui crée une ambiance qui s’installe de manière naturelle. Les hexagones apparaissent avec une lisibilité immédiate. Les formes sont nettes, les transitions sont douces, et chaque élément s’imbrique dans un ensemble cohérent. Cette clarté visuelle facilite la compréhension de l’espace. Vous repérez rapidement les piles, les tailles, les emplacements libres, sans avoir besoin de fouiller l’écran. Le jeu n’utilise pas de surcharge visuelle. Il s’appuie sur un design propre qui laisse la mécanique s’exprimer sans la masquer sous des ornements superflus.
Les couleurs jouent un rôle essentiel dans cette présentation. Elles ne sont pas là uniquement pour embellir l’ensemble. Elles portent une partie de la logique du jeu. Chaque retournement apporte une nuance différente qui attire immédiatement votre regard. Vous observez ces variations comme des signaux visuels qui influencent vos décisions. La palette utilisée reste sobre, mais suffisamment marquée pour que chaque transition de couleur soit perceptible d’un simple coup d’œil. Il en résulte une ambiance qui reste agréable, même après de longues sessions, sans fatigue visuelle ni saturation. Le jeu mise sur une esthétique légèrement futuriste, ponctuée de teintes synthétiques qui rappellent une influence électronique discrète.
La musique accompagne cette atmosphère sans chercher à prendre le dessus. Les morceaux utilisent un style synthwave léger qui crée une sensation d’espace calme. Vous entendez des nappes sonores qui se maintiennent en arrière-plan, avec quelques variations mélodiques qui soutiennent la réflexion sans détourner votre attention. Le jeu reste cohérent dans ce choix. Les musiques ne cherchent pas à ouvrir des grands moments dramatiques. Elles construisent un environnement stable dans lequel vos décisions se posent naturellement. C’est un accompagnement pensé pour durer, qui ne fatigue pas même si vous restez longtemps bloqué sur un niveau.
Les effets sonores suivent la même logique. Chaque déplacement produit un son discret, suffisamment distinct pour que vous perceviez facilement ce que vous venez de faire. Le retournement d’une tuile possède un bruit propre, légèrement doux, qui accompagne le geste sans prendre trop de place. Ces petits sons forment une sorte de rythme régulier, presque hypnotique. Ils viennent ponctuer votre progression d’une manière qui renforce la sensation d’avoir un contrôle précis sur les pièces. Le jeu ne surcharge pas l’espace sonore. Il garde une distance saine entre ce que vous voyez et ce que vous entendez.
La jouabilité repose sur une fluidité sans lourdeur. Les déplacements s’enchaînent naturellement. Vous sélectionnez une tuile, vous la déplacez, elle répond immédiatement. Il n’y a pas de délai artificiel ni de transition trop longue. La mécanique est simple dans son exécution. Elle permet de garder l’attention sur ce qui importe vraiment : l’ordre des mouvements et les conséquences des retournements. Cette fluidité contribue à rendre le jeu plus agréable que ce que sa description pourrait laisser penser. Vous ne vous battez jamais contre l’interface. Vous vous battez uniquement contre vos propres erreurs ou vos plans qui s’effondrent pour une raison que vous essayez encore de comprendre.
Cette simplicité d’utilisation rend les longues sessions plus confortables. Vous entrez dans une sorte de rythme personnel où les gestes deviennent instinctifs. Vous déplacez les tuiles, vous surveillez les couleurs, vous réorganisez vos piles, tout en gardant une attention constante. Le jeu n’impose pas de mouvements compliqués ni de manipulations hasardeuses. Il vous donne un outil clair pour vous concentrer sur la réflexion. Cette approche renforce les qualités du gameplay. Quand un casse-tête vous demande de réfléchir autant que celui-ci, la dernière chose que vous voulez, c’est une interface qui ralentit vos actions. Ici, tout est pensé pour que vos décisions restent au cœur de l’expérience.
Les accrocs qui finissent par user l’élan

Certains défauts apparaissent petit à petit et chacun finit par peser sur la durée. Le premier souci vient du manque de renouvellement visuel. Les tableaux se ressemblent beaucoup et les variations sont trop légères pour donner une vraie identité à chaque zone. Sur quelques minutes cela passe sans problème, mais après plusieurs heures tout se mélange et vous perdez cette impression d’avancer dans un ensemble qui évolue. Les niveaux deviennent moins mémorables et la sensation de routine s’installe plus vite que prévu.
Un autre point délicat concerne la progression. Le jeu alterne parfois entre des puzzles très simples et, juste après, des situations qui demandent une concentration extrême. Cette bascule soudaine surprend et casse votre rythme. Vous pensez enchaîner tranquillement et vous vous retrouvez face à une configuration qui demande des essais répétés sans transition logique avec ce que vous venez de résoudre. Cette absence de montée progressive complique l’apprentissage et provoque des retours en arrière frustrants.
La question de l’accessibilité pose aussi problème. Toute la mécanique repose sur des couleurs proches, sans mode alternatif pour ceux qui ont du mal à distinguer certaines teintes. Sans symboles ni palettes renforcées, certains niveaux deviennent presque impossibles à lire pour une partie du public. Le jeu aurait clairement gagné à proposer quelques ajustements pour mieux accueillir tout le monde.
Le manque d’outils d’assistance se ressent également. Pas d’indices gradués, pas d’espace de test libre et une fonction d’annulation limitée. Résultat, vous devez souvent recommencer une série complète juste pour vérifier une idée ou rectifier une petite erreur qui aurait pu être corrigée immédiatement. Avec une aide minimale, certains blocages durent beaucoup trop longtemps.
La gestion du rythme et des récompenses reste aussi timide. Les objectifs secondaires ne sont pas nombreux et ne poussent pas vraiment à revenir sur les niveaux pour tenter de meilleures performances. Sans défis annexes solides, la motivation diminue plus vite, surtout quand vous terminez plusieurs tableaux de la même manière sans obtenir de récompense marquante.
La bande son finit par tourner en rond après un certain temps. Les musiques reposent sur de courtes boucles qui se répètent sans proposer de variations notables. Les sons des actions reviennent eux aussi très souvent et, sur de longues sessions, ils deviennent une lassitude plus qu’un appui agréable.
L’exigence de mémoire peut devenir lourde quand la fatigue s’installe. Certains niveaux comptent sur des séquences longues à retenir. Sans moyen de fractionner l’effort, vous perdez parfois de longues minutes pour une simple inattention. Cette rigidité crée des tensions inutiles alors qu’un système de repères internes ou de sauvegarde partielle aurait pu alléger la pression.
La rejouabilité reste limitée. Une fois tous les niveaux terminés, il n’existe pas vraiment d’arguments solides pour y revenir. Pas de modes alternatifs, pas d’événements quotidiens, peu d’objectifs variés. Vous avez l’impression d’avoir vu tout ce que le jeu peut offrir et l’envie de prolonger le plaisir décroît rapidement.
Enfin, quelques problèmes d’ergonomie ajoutent des frictions. Certaines actions demandent plusieurs manipulations alors qu’elles pourraient être immédiates. Les menus manquent d’options avancées pour ajuster le confort et il devient fastidieux de répéter les mêmes opérations quand vous changez souvent de niveau ou quand vous essayez différentes approches.
Pris séparément, ces défauts ne gâchent pas complètement l’expérience. Mais accumulés, ils usent l’enthousiasme et freinent la dynamique que le jeu parvient pourtant à créer au début. Ils expliquent pourquoi certaines sessions se terminent plus tôt, simplement parce que l’élan finit par se dissiper.
Quand l’envie revient, mais moins vite qu’au début

À la fin du parcours, le jeu laisse une impression particulière, un mélange d’intérêt réel et de limites qui pèsent plus que prévu sur la durée.
L’idée de départ fonctionne bien et vous accroche rapidement. Le système de tuiles à retourner a quelque chose de satisfaisant, surtout quand un enchaînement se déroule sans accroc. La structure est simple à comprendre, et chaque niveau pousse à réfléchir différemment, même si l’approche générale reste la même. Vous avancez avec ce petit plaisir de trouver la bonne séquence, celui qui donne l’impression de débloquer un mécanisme minuscule mais gratifiant.
Au fil des heures, le jeu montre toutefois ses contours. Le rythme manque d’oxygène, la variété se fait rare, et les niveaux s’enchaînent sans apporter autant de renouveau que ce que vous pourriez espérer. Le plaisir est toujours là, mais il se maintient surtout grâce à votre patience. Le jeu donne l’impression d’avoir de quoi aller plus loin, sans oser sortir de sa zone de confort pour surprendre davantage.
Le manque d’options pour aider lors des blocages finit aussi par réduire l’envie de recommencer un niveau raté. Quand tout repose sur la répétition, les essais perdent un peu de saveur et la dynamique de progression devient moins fluide. Les musiques qui tournent en boucle, les décors trop proches les uns des autres et l’absence de petites récompenses régulières renforcent cette sensation d’effort plus que d’amusement.
Pourtant, malgré ces freins, Hanoi Puzzles: Flip Match garde un charme discret. Vous vous surprenez parfois à relancer une partie juste pour tenter un nouveau chemin ou raccourcir un mouvement de trop. C’est un jeu qui n’essaie pas de briller partout mais qui peut captiver quand l’attention se fixe sur l’essentiel. Avec plus d’ambition dans les à-côtés et un rythme mieux géré, l’ensemble aurait pu prendre une toute autre ampleur.
Le résultat final reste donc celui d’une expérience attachante, solide sur ses fondations et honnête dans son intention, mais freiné par une répétition trop marquée et quelques manques qui l’empêchent de révéler tout son potentiel. Une aventure qui vaut le détour si vous aimez prendre le temps de décortiquer chaque action, tant que vous acceptez que l’élan du début ne durera pas tout du long.
Merci à Luis Otavio Furtado Correa de Hanoi Studios de nous avoir fourni le jeu.