Au sein de la sous-culture du jeu vidéo, une tendance émerge autour des jeux indépendants à budget très limité, axés sur l’horreur et le mystère, et exploitant de manière exclusive des visuels rappelant l’ère de la PlayStation 1. Cet aspect visuel rétro contribue grandement à l’atmosphère unique de ces jeux, ce qui explique en partie leur attrait croissant. Dans cette lignée, Under the Warehouse développé par Goolworks se positionne comme un membre de cette famille en pleine expansion. Toutefois, il se distingue des jeux d’horreur traditionnels en proposant une expérience excentrique et onirique, teintée d’un soupçon d’effroi.
Vous aimez les œufs ?

Tel Silent Hill, Under the Warehouse s’approprie l’ordinaire pour immerger le joueur dans un univers onirique. Le périple débute au sein d’un dédale de ruelles peu éclairées, où règne une étrangeté palpable. Est-ce l’immobilité ambiante ou l’absence de tout son, à l’exception d’une mélodie mélancolique ? Peut-être est-ce la rencontre avec une personne énigmatique, qui vous a sollicité pour une étrange mission. Cette personne, en réalité un enfant, vous demande de vous rendre dans un entrepôt pour y trouver un œuf…
Des petites touches de bizarrerie

Au-delà des apparences, il y a bien plus qu’un simple œuf à découvrir. Cependant, même si le plaisir réside en grande partie dans la résolution du mystère entourant l’entrepôt et ses secrets, Under the Warehouse ne propose pas véritablement une intrigue complexe, si ce n’est quelques éléments disséminés çà et là. C’est avant tout l’atmosphère qui se charge de captiver les joueurs, les incitant à s’investir dans l’univers du jeu. Malgré un cadre initial réaliste, le titre injecte constamment de petites touches de bizarrerie qui renforcent l’aspect surréaliste de l’expérience, de quoi satisfaire les amateurs de situations déconcertantes.
Des énigmes pas folichon

Under the Warehouse offre une vision particulière du jeu d’aventure, où l’objectif principal se résume à une recherche effrénée de clés pendant environ deux heures. Certes, quelques énigmes sont présentes, mais elles se font rares et sont relativement simples à résoudre. Malheureusement, la majeure partie de l’expérience consiste à errer sans but précis, à la recherche d’objets clés. Vous souhaitez ouvrir une porte ? Une clé est nécessaire. Vous avez enfin trouvé la personne détenant la clé ? Elle a besoin de se sustenter. Vous avez trouvé le repas requis ? Un document spécifique est nécessaire pour l’obtenir, et ainsi de suite…
Les incessants allers-retours entre les personnages non-joueurs pour accomplir des tâches triviales ternissent l’atmosphère du jeu, qui par ailleurs est très immersive, transformant ainsi une expérience prometteuse en une expérience laborieuse et fastidieuse. Comme la plupart des titres de ce genre, celui-ci n’est pas conçu pour offrir une profondeur de gameplay exceptionnelle. Il s’agit d’une création indépendante simple, réalisée avec un budget restreint, destinée à une expérience solo d’environ deux heures, et proposée à un prix abordable.
Tout misé sur l’atmosphère

Under the Warehouse se distingue par une atmosphère surréaliste magnifiquement conçue qui plonge les joueurs dans un monde énigmatique et captivant. Cependant, pour être tout à fait franc, son attrait se limite principalement à cet aspect, car du point de vue du gameplay, le jeu se réduit à une répétition fastidieuse de tâches consistant à récupérer des objets pour les PNJ, encore et encore, sans oublier l’occasionnelle résolution de quelques énigmes simplistes. Malheureusement, cette mécanique répétitive peut rapidement devenir lassante et donner l’impression d’une corvée interminable, ce qui nuit à l’expérience globale. Néanmoins, pour les joueurs à la recherche d’une expérience atmosphérique unique et disposés à passer outre sa répétitivité, Under the Warehouse peut offrir quelques moments d’émerveillement et d’énigmes occasionnelles à résoudre.
Merci à l’éditeur de nous avoir fourni le jeu.