D’habitude, les jeux vidéo basés sur des licences de films ou de séries ont de quoi rendre méfiant. Mais, récemment, la tendance s’inverse, et certaines adaptations se montrent à la hauteur. Cette fois, c’est le tour de A Quiet Place: The Road Ahead, adapté des films bien connus chez nous sous le titre Sans un Bruit. Pour le coup, ce n’est pas un énorme studio aux commandes, mais Stormind Games, qui a aussi développé Batora: Lost Haven, et Saber Interactive à l’édition. Alors, que donne cette adaptation vidéoludique ?
Chut ! Pas un bruit… ou c’est fini pour vous !

Si vous êtes un peu flou sur A Quiet Place, l’histoire est plutôt simple : nous voilà dans un monde post-apocalyptique envahi par des créatures extraterrestres à l’ouïe hyperdéveloppée. Ces bestioles sont aveugles mais traquent le moindre bruit, alors autant dire que le jeu ne rigole pas avec le silence. Il faut progresser sans faire de bruit, attention donc à vos pas ! Si par mégarde vous marchez sur des éclats de verre ou tapez dans une boîte de conserve, l’ennemi fond sur vous. Les bruitages se révèlent stressants, et chaque pas devient une petite épreuve de survie.
Des graphismes qui ne cherchent pas à être AAA

Ne vous attendez pas ici à des graphismes d’un blockbuster : pas de superbes effets hollywoodiens, même si certains jeux AAA en proposent à peine mieux. Mais le jeu sait se défendre : les intérieurs sont minutieusement travaillés, et les extérieurs offrent parfois de belles vues apocalyptiques. Pas de monde ouvert, ici : même si certains espaces semblent s’étendre un peu plus, on reste dans un parcours guidé. Côté sonore, par contre, Stormind Games a mis le paquet : il n’y a pas de musique pour ne pas casser la tension, mais les sons d’ambiance, eux, renforcent cette immersion dans le silence tendu, ponctuée de temps en temps par les cris menaçants de créatures proches.
Quand le scénario se prend les pieds dans le tapis

Alors, venons-en au cœur de l’intrigue, car c’est là que le bât blesse. On incarne Alex, une jeune étudiante asthmatique. Tout va à peu près bien dans ce monde apocalyptique… jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte de son petit ami Martin, malgré l’invasion extraterrestre en cours. La famille de Martin, apparemment peu fan d’Alex, ne lui rend pas la tâche facile. Ce choix scénaristique, pour être franc, est difficile à comprendre. Pourquoi prendre le risque de fonder une famille quand le silence est la clé de la survie, surtout avec un bébé… ces petits êtres connus pour leurs pleurs incontrôlables ? C’est d’autant plus surprenant que l’intrigue se déroule après le début de l’invasion : pas d’excuse d’une grossesse « accidentelle » avant le chaos. Alors oui, on pourrait arguer d’une « situation imprévue », mais le jeu se passe de nos jours et, il existe bien des moyens pour éviter ce genre de situation, non ? D’autant que toute l’histoire s’articule autour de cette grossesse et des tensions qu’elle provoque. Bref, malgré l’idée de base intéressante, cet aspect du scénario laisse un peu perplexe.
Si le silence vous fait peur

Si l’ambiance pesante des jeux où le silence est d’or vous attire, A Quiet Place: The Road Ahead pourrait vous tenir en haleine pendant une dizaine d’heures (un peu moins pour les plus doués en énigmes). Le prix est de 29,99€, mais il n’y a pas vraiment de rejouabilité une fois l’histoire bouclée. Et si vous n’êtes pas trop regardant sur les choix scénaristiques, alors il vaut le détour. Au final, pour un jeu sous licence mené par une petite équipe, l’ensemble fait bonne impression : stress et petits sursauts garantis, même si le scénario aurait mérité un peu plus de finesse.
Merci à l’éditeur de nous avoir fourni le jeu.